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Nous sommes le 10-03-2010 

 

SOCIETE

Les autorisations de forage accordées à des sociétés privées tuent la Regideso

Des décisions assassines ont été prises au ministère de l’Energie contre la survie de l’entreprise publique de distribution d’eau (Regideso). L’entreprise est en effet amputée de ses plus gros clients auxquels le ministère de tutelle a octroyé des autorisations de forage d’eau pour leurs besoins essentiels. Cers gros clients se recrutent parmi les brasseries, les boulangeries, les couvents, etc. Ce ne serait qu’un premier lot, et l’on renseigne qu’à la vitesse à laquelle s’octroient ces autorisations, la Regideso perdra la quasi-totalité de ses clients majeurs, dont des représentations diplomatiques.

Le rubicond  franchi

Les autorisations récemment délivrées et en cours de délivrance sont au fait l’aboutissement brutal d’un bras de fer engagé depuis plusieurs années entre le ministère de l’Energie et le syndicat national des travailleurs de la Regideso (Synatreg). Fin septembre 2007, en effet, les travailleurs de cette entreprise s’étaient élevés contre les permis de forage et de captage des eaux souterraines octroyés à des particuliers par les responsables du ministère de tutelle. Ce faisant, le Synatreg avait suggéré au ministre de l’Energie, la suspension voire le retrait des permis sur les aires où la Regideso est opérationnelle.

Aux termes du forcing des travailleurs, le secrétaire général à l’Energie (d’alors) fut frappé de suspension. A la base, le refus tacite de permettre le fonctionnement de la commission ad hoc Regideso-Energie chargée de scruter les permis et autorisations délivrés. Les agents désignés de la Commission nationale de l’Energie et du secrétariat général à l’Energie ne s’étaient jamais présentés au lieu de travail «pour indisponibilité». Mai 2008, le ministre Laurent Muzangisa Mutalemo avait suspendu l’exploitation des eaux naturelles sur l’ensemble du territoire national. En l’occasion, l’autorité ministérielle avait demandé aux exploitants des eaux naturelles  de se conformer aux prescrits de la loi en la matière. Le ministre de l’Energie, a rappelé  à l’ordre les exploitants des eaux naturelles qui n’utilisent pas les eaux  naturelles issues de forage à usage industriel,  mais qui les transforment au même titre que la REGIDESO. Que le ministre accorde quitus aux nouveaux permis, cela sous-entend-t-il que tous les écueils ont été préalablement élagués? Probablement. Mais le syndicat de l’entreprise crie à la violation du décret-loi n° 77/019 du 22 février 1977 ayant défini le cahier des charges de la Regideso. Aux termes de cette disposition légale, l’entreprise jouit du monopole de la production et de la distribution d’eau à la population urbaine. Toutefois, des autorisations d’exploitation peuvent être accordées à des particuliers par le ministère de tutelle aux fins de pourvoir au déficit constaté dans production de la Regideso.

La gangrène du désordre

L’attribution des permis d’exploitation n’est nullement une pratique récente au pays ou particulièrement dans la ville de Kinshasa. Ainsi que précisé plus haut, la brèche sur ce monopole était ouverte dans le seul but de combler le déficit de production de l’entreprise. Les services autorisés se gardaient cependant de sacrifier les intérêts de la Regideso qui était d’ailleurs censée recouvrer les redevances y afférentes pour le compte du Trésor public. Selon les chiffres fournis par Jean Bosco Mwaka Indele, secrétaire général du Synatreg, jusque dans les années 1990, «des compteurs d’eau posés chez tous les exploitants des eaux naturelles ne représentaient que 2 % de la production de la Régideso et que les redevances y relatives étaient mensuellement versées à l’Etat… »

Pour le moment, les autorisations seraient délivrées dans le plus grand désordre, éludant l’obligation de juger au préalable, de l’incidence négative de ces permis sur les recettes de la Regideso. La plupart des abonnés ayant obtenu le permis ne connaissent pas des difficultés dans l’approvisionnement auprès de la Regideso, a-t-on appris. Initialement, rien donc ne justifie l’autorisation leur accordée pour une exploitation industrielle des eaux souterraines. page 1-2

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