NATION
Frontière, pétrole, expulsions des ressortissants
L’Angola et la RDC persistent à se regarder en chiens de faïences
Les liens séculaires jetés aux oubliettes
Les incursions des soldats angolais sur le territoire congolais sont devenues monnaie courante. Les prétextes ne manquent pas pour justifier leur présence indésirable sur le sol congolais. Depuis qu’elle avait été appelée par Mzee Laurent-Désiré kabila pour combattre les troupes d’invasion rwando-ougandaises, l’armée angolaise se croit tout permis en RDC.
Après la guerre mondiale africaine au cours de laquelle plusieurs armées africaines se sont affrontées en RDC, Kinshasa s’efforce de restaurer l’autorité de l’Etat sur toute l’étendue de son territoire. Hélas, ses efforts ont été régulièrement sapés par l’activisme de nombreux groupes armés nationaux et étrangers. Parmi les groupes étrangers, il y a lieu de citer les FDLR, la LRA et… l’armée angolaise.
Des rapports de bon voisinage superficiels
Après leur promenade de santé à Kahemba où ils avaient même déplacé les bornes frontalières et hissé le drapeau angolais en territoire congolais, les soldats angolais ne laissent passer aucune occasion pour venir troubler l’ordre et la sécurité en RDC.
En mars 2009, ils ont occupé pendant près de deux mois les villages de Sava Ina et Kuzi situés à environ 10 kilomètres de la frontière, dans le secteur de Gombe-Sud, territoire de Mbanza-Ngungu, district des Cataractes dans la province du Bas-Congo. La raison de leur incursion serait la reconquête d’une portion de leur territoire occupée par la RDC! Concrètement, les Angolais remettaient en cause les frontières tracées par les colonisateurs belges et portugais. Cette revendication était d’autant plus saugrenue que, ni à l’époque coloniale, ni après l’accession de la RDC et de l’Angola à l’indépendance respectivement en 1960 et 1975, il n’a jamais existé de litiges frontaliers entre les deux pays.
Le retrait des soldats angolais des villages Sava Ina et Kuzi n’intervint qu’après la réunion tenue à Luanda, en Angola entre les gouvernements congolais et angolais. Kinshasa et Luanda avaient-ils réussi à aplanir définitivement ce différend? Rien n’est moins sûr. Pourtant, les présidents Joseph Kabila et Dos Santos s’étaient rencontrés à Luanda pour régler un problème analogue qui s’était posé à Kahemba dans la province du Bandundu. La répétition du même problème au Bas-Congo signifie que l’accord conclu (si accord il y a eu) entre les deux chefs d’Etat fut un marché de dupes.
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